Coalition Africaine pour la Redevabilité des Enterprises
Oeuvrant ensemble pour la protection des droits de l'homme

J'ai eu l'occasion d'avoir une entrevue avec le nouveau Coordonnateur des projets de l'ACCA durant lequel je l'ai interrogé sur son parcours professionnel et sa vision pour l'ACCA... Lisez l'interview, ci-après :

Quand est-ce que, pour la première fois tu as commencé à t’intéresser au domaine des entreprises et les droits humains ? Y’ avait-il un moment particulier ou bien une expérience particulière qui t’a orienté vers ce domaine?  

La première fois que je me suis intéressé au domaine des entreprises et les droits humains, c’était en 2006, juste un an avant l’obtention de mon diplôme de licence en Droit Publique.
 
Au sein de l’Université Catholique où je faisais mes études, parmi les conditions d’obtention de grade de licence en droit, on devrait, entre autres, rédiger un mémoire de licence. C’est ainsi que j’avais choisi comme sujet de mon mémoire :  De la Souveraineté permanente de la RDC sur ses richesses et ses ressources naturelles: examen de l’article 9 de la Constitution de la RDC de 2006.
 
Et la raison pour laquelle j’avais choisi ce sujet en ce moment-là précis était dû au fait qu’il y avait tant de communautés congolaises qui étaient impactées de façon adverse par les contrats dits ”léonins”, que le gouvernement de la RDC avait signé avec beaucoup d’entreprises multinationales et plus particulièrement les entreprises chinoises, et ce au mépris du respect des droits humains des populations affectées. 
 
Pendant que je poursuivais mes travaux de recherches sur ce sujet, je me suis familiarisé  avec beaucoup de concepts clés liés au domaine des entreprises et les droits humains , en l’occurrence: le consentement libre, informé et préalable (CLIP), l’accès aux voies de recours, les sociétés transnationales, ainsi que tant d’autres instruments internationaux de protection de droits de l’homme, tels que : l’accord sur la convention de droit de l’homme, le guide de l’OECD, la déclaration sur les droits des populations autochtones , la déclaration sur le droit au développement, etc. 
 
J’ai entamé mon premier travail en matière des entreprises et les droits humains avec une Organisation Non Gouvernementale (ONG) locale en RDC, appelée Observatoire Gouvernance et Paix (OGP), qui est dirigée par Mr Eric Kajemba, où nous avons menés des recherches sur les sociétés minières et leur conformité à la législation nationale. Ensuite, j’ai travaillé au sein d’une autre ONG locale appelée: “STRONG ROOTS” RDC, où nous travaillions avec les communautés locales et le peuple autochtone vivant dans des endroits affectés (Mbuti dans le Kahuzi Biega). Pendant ma carrière à “Strong Roots”, nous avons œuvré pour le  renforcement des capacités des communautés affectées sur une série de thèmes, notamment : la protection de l’environnement, le CLIP, l’accès aux voies de recours et d’autres problèmes environnementaux. 
 
Au fur et à mesure que j’ai commencé à avoir une vision plus claire dans le domaine des entreprises et les droits humains, ma passion pour les entreprises et les droits de l’homme s’est également développé.
 
Le moment décisif pour moi est venu pendant que je faisais ma maîtrise en Droits de l’homme et démocratisation en Afrique auprès du Centre pour les droits de l’homme à l’Université de Pretoria ; après avoir participé à une formation de courte durée sur les des entreprises et les droits humains Business et Droits de l’homme en 2016 et j’ai également assisté à l’Assemblée Générale (AG) de l’ACCA en 2016. Ces expériences marquantes m’ont poussé à m’inscrire dans le programme de doctorat en droit et rédiger ma thèse dans le domaine de des entreprises et les droits humains Business et Droit de l’Homme.  Le sujet sur lequel je mène mes recherches est intitulé : Une analyse juridique du droit au Développent en relation avec la responsabilité des Sociétés Multinationales dans les zones affectées par les conflits, un cas d’étude les Sociétés Transfrontalières opérant en RDC. 
 
Parles-nous de ton expérience à l’AG de l’ACCA de 2016
 
J’ai eu une bonne expérience lors de l’AG de l’ACCA de 2016. Les matières discutées pendant les sessions de travail étaient très instructives, et il y avait une bonne participation des membres de la société civile œuvrant dans le domaine, avec qui je pouvais avoir des échanges très riches.  Ce qui m’a marqué le plus, c’était la nette détermination des membres de l’ACCA à la mission, vision et objectifs de la Coalition qu’ils se sont assignés de réaliser en court, moyen et long terme, pour mieux supporter les communautés africaines dont les droits sont négativement impactés par les activités des sociétés multinationales. 
 
Parles-nous de tes engagements précédents avec les communautés en RDC?
 
Mes engagements précédents avec les communautés en RDC, impliquent le travail avec les communautés des populations autochtones communément appelées: Bambuti et les autres communautés locales impactées par l’expulsion sur leur terres, résultant de l’expropriation des terres pour cause d’utilité publique sans ou avec une petite compensation (après un procès juridique).
 
Les activités dans lesquelles nous étions impliquées vont des sessions de renforcement des capacités sur la protection des ressources naturelles, à l’éducation sur l’environnement et l’accès à la justice pour les victimes de l’expropriation des terres. 
 
A ton avis, quels sont les plus grands défis auxquels le continent Africain est confronté dans le cadre des entreprises et les droits de l’homme?
 
A mon avis, les plus grands défis auxquels le continent africain est confronté comprennent, entre autres : 
 
- La sécurité et la protection des défenseurs de droits de l’homme ;
- L’accès aux voies de recours pour les communautés locales et le manque de législation sur le plan national, Program d’Action National et autres règlements relatifs aux des entreprises et les droits humains entreprises et les droits de l’homme ;
- Le manque d’un Traité Juridiquement contraignant qui satisfait aux attentes des communautés que nous servons dans le cadre de la lutte contre l’impunité des entreprises Multinationales ;
- Le manque de financement des organisations des sociétés civiles ;
- L’ingérence politique des autorités locales dans le travail et le plaidoyer des ONG; et
- Un manque des ressources nécessaires de connaissances et formation dans ce domaine.
 
Comment est-ce que les organisations de la Société civile peuvent-elles mieux assurer que les droits des communautés sont mieux respectés par les sociétés Multinationales? 
 
Les organisations membres de la société civile peuvent assurer que les droits des communautés soient respectés par les entreprises multinationales en établissant les voies et moyens par lesquels ils vont les rendre redevables à leur égard. 
 
La société civile peut jouer son rôle à cet égard en assurant que les sociétés commerciales soient tenues au courant et sensibilisées sur l’existence des différents cadres juridiques qui existent tant au niveau national qu’international. A la fois par des mécanismes juridiques et non juridiques qui devront être établis pour évaluer l’étendue selon laquelle les sociétés se conforment aux règlements existants et leurs mécanismes volontaires. 
 
Les sociétés civiles qui sont en faveur de l’idée d’élaboration du Traité juridiquement contraignant devraient continuer à mener le plaidoyer pour un instrument juridique international qui soit contraignant pour assurer la redevabilité des Entreprises Internationales et mettre fin à leur impunité.
 
Qu’est ce qui t’a motivé à postuler à ce poste de travail au sein de l’ACCA?
 
Il y a trois raisons qui m’ont motivé à postuler pour ce poste de travail au sein de l’ACCA, à savoir :
 
1. Premièrement, c’est ma passion pour la défense des droits des communautés et victimes des violations des droits de l’homme ;
2. Deuxièmement, mon désir ardent de faire partie de l’équipe des défenseurs de droits de l’homme à ce moment bien propice pour que je puisse développer mes compétences, atouts et expérience pour mener la lutte contre l’impunité des entreprises commerciales tant nationales qu’internationales ; et
3. Je considère l’ACCA comme étant une plateforme au sein de laquelle la voix de l’Afrique peut être amplifiée et se faire entendre à la fois au niveau régional et international sur les matières pertinentes relatives aux des entreprises et les droits humains entreprises et les droits de l’homme sur le continent. Je crois fermement à l’idée que ACCA est la Coalition idéale qu’il faut pour réaliser ces objectifs. Ainsi, je me trouve au bon endroit au bon moment. 
 
Comment vois-tu ta contribution à ACCA pour aider à améliorer la vie des communautés africaines?
 
 L’un des grands volets du travail de l’ACCA consiste à travailler pour la réalisation des droits des communautés à travers notamment ses deux axes de travail, à savoir : l’accès aux voies de recours et le Consentement, Libre, Informé et Préalable (CLIP). Je prévois utiliser ces deux rapports comme partie intégrante de la stratégie de l’ACCA pour mener à bien ce plaidoyer. 
 
J’attends avec impatience de travailler de manière étroite à la fois avec les organisations membres de l’ACCA et les organisations collaboratrices pour aider à renforcer l’autonomie des communautés à travers des séances de renforcement des capacités et autres matières relatives à la stratégie des entreprises et les droits de l’homme. 
 
En gros, ma tâche consistera à renforcer le travail de plaidoyer de l’ACCA en mettant sur pied des stratégies efficaces visant à faire le plaidoyer auprès des décideurs au niveau local, national, régional et international. Les autres stratégies que nous avons consistent à amener les entreprises tant nationales qu’internationales à respecter les droits des communautés au niveau national et international.

Guillain Koko et Damian Oakes

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